Merci et bon vent « Monsieur Joseph » !

 

Après dix-sept ans de bons et loyaux services, Joseph Petros, plus connu sous le nom de « Monsieur Joseph », directeur de l'Alliance éthio-française de Dire Daoua, a pris sa retraite.

Né à Dire Daoua, deuxième ville d'Ethiopie, il a appris le français à Djibouti où il a vécu jusqu'à ses 13 ans. Une fois de retour en Abyssinie, il a étudié au lycée Guebré Mariam, puis a rejoint « la famille des cheminots » qui travaillaient sur le chemin de fer franco-éthiopien, qui deviendra djibouto-éthiopien après l'indépendance de Djibouti.

« Je garde un très bon souvenir de mes débuts, confie-t-il. Tous les cadres étaient des Français. À l'époque, la politique de l'empereur Hailé Sélassié était de les remplacer par des Éthiopiens. Nous avons reçu une très belle formation. » Il se souvient aussi de la chasse au phacochère le week-end, du salaire plus élevé « que chez Ethiopian Airlines ou à la banque », et de certains cheminots qui se mettaient « de l'argent dans les poches » en faisant payer les clandestins qui voyageaient sur le toit des wagons. « Ils avaient la belle vie », sourit celui qui s'est occupé de l'entretien de la voie. « Le travail était dur ! », assure-t-il.

 

Son premier voyage en France, c'était en février 1984 pour un stage de formation SNCF à la gare Saint-Lazare. « Je me suis présenté (à mon rendez-vous professionnel) avec quatre heures de retard », raconte Monsieur Joseph tout sourire, car il s'était perdu dans le métro. Son premier salaire lui a permis de s'acheter « des habits chauds », car à l'époque du Derg, il manquait de tout dans son pays natal.

 

Quand il a quitté l'habit de cheminot, après plus de trente ans de carrière, il a pris la direction de l'Alliance éthio-française de Dire Daoua. Laquelle était alors une école où les élèves pouvaient apprendre le français de la primaire à la troisième. « Je suis arrivé sans aucune formation, sans aucune aide à diriger cette Alliance qui était connue comme une école, explique-t-il fièrement. Nous avons réussi à en faire un centre culturel. C'était un défi ! »

 

Reconnaissant envers l'Hexagone, Monsieur Joseph regrette cependant que la langue française n'ait plus la même valeur qu'auparavant en Ethiopie, malgré une forte présence diplomatique francophone dans la capitale Addis-Abeba, où se trouve le siège de l'Union africaine et de la Commission économique pour l'Afrique des Nations unies. « Les gens se plaignent que peu de personnes parlent français, déplore Joseph Petros. La France doit reprendre sa place car si elle ne fait rien, sa langue n'arrivera qu'en quatrième position, après l'amharique, l'anglais, et le chinois. »

 

Bon vent, Monsieur Joseph !

 

 

 

 

 

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