Un regard sur l'Éthiopie

En décembre 2017, janvier et février 2018, l'Alliance éthio-française de Dire Daoua propose une série de trois expositions, dévoilant un regard sur l'Éthiopie du photographe français Jean-François Fort. Les prises de vues datent de l'automne 2014.

Photographe humaniste, son premier travail aura été de rencontrer et photographier les derniers cheminots de Dire Daoua. Très touché par le désarroi de ces hommes et par la lente agonie de leur train, lien de plus d'un siècle entre l'Éthiopie et la France, il livre une série de portraits sobres et dépouillés des employés, réalisés dans la gare, devant leurs outils de travail. Ce reportage soutenu financièrement par "LISEA", constructeur de la voie rapide reliant Tours à Bordeaux, a été exposé à plusieurs reprises en France et a fait l'objet de publication dans un magasine spécialisé.

Très lié et inspiré par la littérature, Jean-François Fort a ensuite porté son attention sur la ville d'Harar, la "belle endormie" autrefois florissante, avant que Dire Daoua ne lui vole sa place, justement à cause de la voie ferrée... Pour le photographe, parcourir les ruelles d'Harar c'était marcher dans les pas d'Arthur Rimbaud. Bien sûr, la ville a changé depuis mais elle conserve sa splendeur, tout comme les environs: Babilé et ses paysages infinis, Awaday et son frénétique commerce du khat. Les regards, les visages d'une multitude de peuples sont aussi restés les mêmes, car les visages sont bien ce qu'interroge le plus le photographe. En 2013, l'artiste et écrivain Claude Margat  écrivait: "Comme l’univers dont il est l’un des aspects, le visage humain reste une énigme que le regard du photographe Jean-François Fort ne cesse d’interroger. Car le visage est bien le lieu et même le seul endroit de la personne humaine où se condense une présence pour nous aussi vague qu’essentielle : l’humanité."  Ces photographies ont elles aussi été exposées à plusieurs reprises en France.

Le troisième volet correspond à une simple déambulation du photographe dans les rues d'Addis-Abeba, surpris et séduit par cette ville protéiforme, tantôt cité moderne en plein développement, tantôt village au charme suranné. Il s'est perdu dans ses rues, y a fait des rencontres, bu le délicieux "buna" qui empêche de dormir quand vient la nuit et comme toujours, a interrogé les visages dans toutes leurs différences et aussi leur universalité.

Jean-François Fort termine actuellement un travail de plus d'un an, sur les migrants venus du monde entier chercher refuge dans sa ville de Poitiers.

En novembre et décembre 2017, il est retourné au Bangladesh à la rencontre d'autres visages, d'autres histoires. 

Découvrez le travail de M. Fort sur son site: http://jeanfrancoisfortphotographies.com/

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